Enseignement supérieur et recherche : une coopération franco-italienne dynamique [it]

L’Italie et la France sont deux pays à l’offre scientifique et universitaire très riche. Elles abritent notamment les structures d’enseignement supérieur et de recherche parmi les plus anciennes d’Europe, comme la Sorbonne en France et les universités de Bologne ou de Padoue en Italie. De la même façon, les échanges d’idées et les contacts entre chercheurs et étudiants des deux pays sont anciens. Le sommet franco-italien de Naples en février 2020 a été l’occasion de réaffirmer la volonté de continuer à développer cette coopération.

Une mobilité étudiante intense

La coopération universitaire et scientifique entre la France et l’Italie se mesure d’abord grâce à l’intensité de la mobilité étudiante entre les établissements transalpins. Les chiffres de Campus France, agence chargée de la promotion de l’enseignement supérieur français à l’étranger, indiquent qu’en 2018 la France était la deuxième destination des étudiants italiens avec plus de 13 000 inscrits dans les établissements français. La mobilité des étudiants italiens de médecine, par exemple, est particulièrement représentative de ce phénomène.

Mais ces échanges ne se limitent pas aux universités et aux facultés, ils s’étendent à la grande variété des établissements qui constituent la richesse et la spécificité scientifique de ces deux pays : les écoles doctorales, les écoles normales supérieures, les laboratoires, les écoles de commerce, d’ingénieurs et d’art, que les établissements soient publics ou privés. Ces échanges ont largement bénéficié du sillage ouvert en 1987 par le programme européen Erasmus+, puis par le processus de Bologne engagé dix ans plus tard. Avec plus de 4000 accords Erasmus entre la France et l’Italie, les deux pays contribuent à leur tour activement au projet communautaire d’un vaste espace européen de l’enseignement supérieur.

De nombreuses formations conjointes et doubles diplômes

Outre l’impulsion européenne, des liens anciens ont donné lieu à des parcours binationaux franco-italiens qui se sont depuis multipliés : l’Italie et la France offrent près de 240 doubles diplômes, de la licence au master et ce dans toutes les disciplines. Il existe par exemple un double diplôme en droit français et italien entre l’Université de Florence et l’Université Paris 1 - Panthéon - Sorbonne, un master en sciences de l’ingénieur entre le Politecnico de Turin et l’Ecole Centrale de Nantes, ou encore le master Langues et communication internationales, relations franco-italiennes, entre l’Université de Gênes et l’Université Nice Côte d’Azur. Une cartographie interactive répertoriant l’ensemble de ces doubles diplômes est disponible sur le site de l’Institut français d’Italie.

Les étudiants de tels cursus bénéficient ainsi d’une ouverture internationale aussi bien d’ordre culturel que méthodologique et disciplinaire. Ces cursus font donc partie des initiatives permettant à des étudiants et chercheurs étrangers d’entrer en contact avec des modèles différents des leurs. Du côté français, on peut notamment citer les Instituts d’études politiques ou les Ecoles normales supérieures, très attractifs pour les Italiens. Par ailleurs, le même type d’accord existe également pour les doctorats en cotutelle et les Italiens représentent la première nation des étudiants en doctorat en cotutelle avec la France (12%).

Le rôle-clé de l’université franco-italienne

Certains de ces parcours binationaux bénéficient du label scientifique UFI. Depuis plus de 20 ans, l’Université Franco Italienne, ou Università Italo Francese (UIF), promeut la collaboration universitaire et scientifique entre la France et l’Italie et donne de la cohérence à ces diverses initiatives bilatérales. Le contexte de la création de l’institution témoigne de la complémentarité des impulsions bilatérales et communautaires : l’UIF est fondée en octobre 1998 sur la base d’un Accord intergouvernemental à Florence, alors que l’accord de Bologne, qui concerne l’ensemble de la communauté européenne, est signé quelques mois plus tard en juin 1999. Or le processus avait été amorcé dès le mois de mai 1998, avec la déclaration de la Sorbonne, à Paris. Ce processus a été décisif pour l’harmonisation des systèmes universitaires des pays membres, facilitant considérablement les échanges multilatéraux. Bien plus récemment, en 2019 et 2020, 35 universités françaises et italiennes ont remporté les deux appels à projets de la Commission européenne, pour leur participation à 16 alliances européennes favorisant la mobilité étudiante et les parcours conjoints, impliquant plusieurs institutions de prestige des deux pays.

La mission de l’UFI est donc d’encourager et de valoriser les projets franco-italiens. Depuis sa création, elle a financé plus de 1700 projets à travers différents programmes de bourses et appels à projets tels que le Programme Vinci et le Programme Galilée, outre son propre label scientifique. L’Institut français Italie, réseau des instituts culturels français en Italie, participe aussi à cette mission de promotion de la recherche et de la diffusion des idées à l’aide de ses propres programmes : l’appel à projets Cassini, le programme PHC Galilée ou encore les bourses du gouvernement français (BGF).

Les revues publiées par les universités et autres institutions scientifiques (Ecole française de Rome dans le domaine des sciences humaines, par exemple) valorisent les fruits de la recherche et témoignent de cette circulation des idées particulièrement fructueuse et dynamique. Les projets et les initiatives foisonnent donc dans le domaine de la recherche franco-italienne. Certaines institutions et certaines plateformes en ligne se proposent de les rassembler. Outre l’Institut français Italia et l’UIF déjà cités, le site de l’EFMR donne un bon aperçu du dynamisme de cette coopération et de la variété des formes qu’elle peut prendre.

Ces échanges font avancer le débat et la réflexion dans des domaines de recherche très variés, y compris sur des enjeux d’actualité et d’ampleur internationale : les énergies vertes, le numérique ou, plus récemment encore, les enjeux sanitaires. Au printemps 2020, la France a notamment été le troisième partenaire de l’Italie pour les publications sur la Covid-19. La France et l’Italie ont donc souhaité saisir l’occasion de réaffirmer l’importance d’une coopération qui participe directement à l’excellence européenne en matière de recherche et d’innovation.

Dernière modification : 23/10/2020

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