G7 culture à Florence - Déplacement d’Audrey Azoulay [it]

Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication, est à Florence à l’occasion du G7 culture. Elle a accordé un entretien au Corriere della Sera du 30 mars.

ENTRETIEN d’Audrey Azoulay, ministre de la Culture « ‘’A Florence, pour défendre l’art menacé par les conflits’’ » (Corriere della Sera – 30 mars 2017)

« ‘’Au premier G7 de la Culture à Florence, la France et l’Italie sont unies pour protéger le patrimoine culturel partout, notamment dans les zones de conflit. Vendredi dernier, nous avons adopté ensemble au Conseil de Sécurité de l’ONU la résolution 2347 sur ce thème. Et ensemble, à Florence, nous tenterons d’arriver à une déclaration conjointe des pays du G7 pour appliquer cette résolution’’.

Rue de Valois, l’un des lieux les plus importants du gouvernement et de l‘histoire de France, la ministre de la Culture, Audrey Azoulay, explique l’enjeu du sommet d’aujourd’hui et de demain, voulu à Florence par le ministre des biens culturels italien Dario Franceschini.

Q. Comment en est-on arrivé à la résolution de l’ONU ?
R. Au moment où nous assistions en Syrie à la destruction systématique du patrimoine culturel, le Président Hollande a demandé un rapport à Jean-Luc Martinez, directeur du Louvre. 50 propositions ont été présentées parmi lesquelles un fonds international et la première conférence des donateurs s’est réunie la semaine dernière au Louvre allouant 75 millions de dollars.

Q. Quelle est son importance ?
R. Pour la première fois, la destruction du patrimoine artistique est définie comme un ‘’crime de guerre’’. Et la protection des œuvres est traitée de manière complète : les résolutions précédentes traitaient le problème par thèmes ou zones. C’est autour du patrimoine artistique que les populations frappées par les guerres peuvent espérer se reconstruire une fois les conflits terminés ».

Q. A Florence la France défendra-t-elle l’idée italienne des ‘’casques bleus de la culture’’ ?

R. Nous en parlerons pendant le sommet. Une grande œuvre d’éducation est à mener sur le patrimoine, elle concerne aussi les forces armées.

Q. Comment l’opinion publique réagit-elle quand on parle de protection du patrimoine dans les zones de guerre ? Celle-ci pourrait représenter un luxe face à la priorité de sauver des vies.
R. Opposer la protection de la culture à la protection des vies humaines est un faux débat. La même volonté destructrice attaque tout, nous ne pouvons penser à l’une sans l’autre. Les citoyens me semblent de plus en plus sensibles, c’est le mérite aussi de l’Unesco qui a été très actif pendant ces dernières années.

Q. Madame Azoulay, d’ici quelques mois votre expérience de ministre de la Culture se terminera et vous vous portez candidate à la direction de l’Unesco. Dans quel but ?
R. Culture, sciences et éducation sont des facteurs d’équilibre du monde et de création d’un lien, même et surtout dans les lieux où tout se brise. Il y a de nombreuses candidatures, dont quatre venant des pays arabes et cinq d’autres pays. Ce seront les projets qui compteront. Nous devrons les évaluer, puis certains pays pourraient se retrouver sur des candidatures communes.

Q. Votre collègue au gouvernement, Ségolène Royal, vise le Programme des Nations-unies pour le développement (PNUD) et vous l’Unesco. La France est toujours très active dans les organisations internationales.
R. Cela fait partie de notre tradition, nous sommes favorables à une approche multilatérale et coordonnée. Contre le repli nationaliste, nous portons une vision universelle ».

Dernière modification : 07/04/2017

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