Recherche et innovation

La France et l’Italie sont deux puissances scientifiques reconnues partageant la même volonté d’utiliser la recherche et l’innovation comme outils de développement économique et social, mais aussi de rayonnement. Elles coopèrent donc dans ce domaine, soit dans un cadre bilatéral, soit dans un cadre européen ou international.

La coopération scientifique et technologique entre la France et l’Italie a toujours été forte, tant pour des raisons géographiques, historiques que culturelles. Elle s’est formalisée au niveau institutionnel par un accord signé en 2001 entre les deux gouvernements. Dans ce cadre, divers accords plus spécialisés ont été signés comme ceux sur la recherche polaire ou spatiale.

De multiples programmes communs de recherche scientifique La France et l’Italie coopèrent sur des projets scientifiques variés, comme la recherche polaire, au travers de la station franco-italienne en Antarctique « Concordia », la seule base de ce type, fruit d’une collaboration entre l’Institut Polaire Paul- Emile Victor français et son homologue italien, le Programma Nazionale Ricerche in Antartide.

Dans le domaine des mathématiques des relations très étroites ont abouti à la création du Laboratoire Fibonacci, une Unité Mixte Internationale entre l’Ecole Normale Supérieure de Pise et le CNRS français.

La physique fondamentale fait également l’objet d’une collaboration intense : le CNRS et l’Institut National de Physique Nucléaire italien (INFN), avec l’aide de onze laboratoires et instituts, ont donné naissance, en 2003, à l’interféromètre VIRGO, destiné à vérifier l’existence des ondes gravitationnelles prédites par la théorie de la relativité et observées pour la première fois en septembre 2015.

Le domaine spatial constitue un socle très important de la coopération bilatérale : sur la base de l’accord dans le domaine de l’observation de la Terre, une coopération plus générale a été établie au travers d’un accord intergouvernemental sur l’espace (2007). Celui-ci en définit les grands axes, que ce soit dans le cadre de l’Agence Spatiale Européenne (observation de la Terre, exploration spatiale, lanceurs : l’Italie et la France sont les principaux partenaires des programmes Ariane 6 et Vega C), de l’Union Européenne (programmes de navigation Galileo & EGNOS, d’observation de la Terre Copernicus), qu’aux niveaux multilatéral et bilatéral.
Au niveau bilatéral, outre l’échange de données entre leurs programmes nationaux duaux d’observation de la Terre (Pléiades pour la France, optique, et COSMOSkymed pour l’Italie, radar), la France et l’Italie mènent des projets communs dans le domaine des télécommunications spatiales gouvernementales (embarquement croisé de charges utiles sur les programmes Sicral 2, Italie, et Athena Fidus, France). En outre, les deux pays coopèrent au sein du programme d’observation de la Terre militaire MUSIS (MUltinational Space-based Imaging System), sur une entité sol devant relier leurs systèmes de prochaine génération CSO et CSG.

Cette coopération institutionnelle se trouve renforcée également au niveau industriel, en particulier avec l’Alliance Spatiale établie par les groupes français Thales et italien Finmeccanica, au travers de deux sociétés communes, Thales Alenia Space et Telespazio.

Dans le domaine du Patrimoine, la France et l’Italie apportent leur soutien à l’infrastructure européenne E-RIHS, dédiée à l’étude des matériaux du patrimoine culturel et naturel. Il s’agit de mettre en place un accès transnational à des technologies de pointe (synchrotron, faisceaux d’ions, laser, méthodes portables), à des archives physiques et des données numériques, en privilégiant le soutien à des projets longs et des projets exploratoires. La phase préparatoire devrait toucher à sa fin en septembre 2020 et la date d’établissement comme ERIC est prévue en 2022.
Toujours dans le domaine du Cultural Heritage, le Centre Jean Bérard collabore activement avec les Institutions d’Italie du Sud (surintendances, parcs archéologiques, pôles muséaux et musées) dépendant du MIBACT et développe des programmes de recherche communs avec les universités françaises et italiennes. Les résultats obtenus sur la zone fouillée par l’équipe franco-italienne à Cumes ont obtenu une audience internationale ces dernières années.

En sciences humaines et sociales, le Laboratoire International Associé (LIA) franco-italien Mediterrapolis – Espaces urbains, mobilités, citadinités. Europe méridionale-Méditerranée. XV-XXe siècle centre ses travaux sur les phénomènes urbains en Europe méridionales, dans ses relations avec la Méditerranée, en se fondant sur le croisement des traditions urbaines françaises et italiennes.

Dernière modification : 09/03/2020

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